PRESSE
Le Soir
Journal

L’ART D’INTÉRIORISER L’ESPACE

Architecte d’intérieur, Michaël Touzard comble les vides laissés par l’architecte

 

 

... suite de la page précédente

 

"Il ne faut pas confondre architecte et architecte d’intérieur" tient-il cependant à spécifier d’emblée, précisant que les deux corps de métiers peuvent très bien travailler de concert sur un projet déterminé. "L’architecte est concerné uniquement par le bâtiment. Ma spécialisation s’exerce dans l’aménagement de l’espace et du volume intérieur d’un immeuble. C’est en fait de la décoration approfondie." L’architecte d’intérieur se positionne donc en complément de l’architecte pour s’occuper de la finition, du garnissage, du parachèvement intérieur. Ce qui l’oblige néanmoins à connaître la technicité des choses. "On peut ainsi s’occuper de questions d’électricité (création de lumières, positionnement des points lumineux,…), de chauffage (emplacement des radiateurs,…), de plomberie, de menuiserie, de faux plafonds,… Car même si, contrairement à l’architecte, on n’est pas habilité à demander un permis de bâtir, nous pouvons transformer une maison de fond(s) de comble(s), pourvu que l’on ne touche pas à sa structure (sauf autorisation en bonne et due forme)."

 

DES CROQUIS POUR DEVIS

 

Michaël Touzard laisse transparaître une impression de calme et de sérénité. Pourtant, à 27 ans, il respire la passion. Mélanger les styles contemporain et classique, il pourrait en rêver pendant des heures. Mais son travail, c’est d’abord la réalité, celle des intérieurs de ses clients.

 

Pour apprendre à la maîtriser, ce Français né en Belgique a commencé par suivre des cours d’architecture d’intérieur à l’Athenaeum de Lausanne en Suisse. Deux ans plus tard, il les poursuit à l’École Boulle à Paris avant de revenir s’installer en Belgique à l’aube des années 90.  "Je me suis initié à la pratique du métier dans une grande maison bruxelloise. Mais je voulais voler de mes propres ailes et, en avril 1994, j’ai fondé ma propre société d’architecture d’intérieur et de création de mobilier : Arch Nova."

 

Et, en compagnie d’une secrétaire pour toute aide, il installe ses bureaux au-dessus d’un atelier qui pourra fabriquer les meubles portant sa griffe. Rares sont cependant ceux qui le visiteront. Du moins dans un premier temps. Car, contact pris, Michaël Touzard va voir ses clients. Non l’inverse. "Il faut que je vois comment le client vit, que je comprenne ses goûts, son style de vie…"

 

Imprégné de l’espace à aménager et calfeutré dans son propre espace de travail, il entame en fait un cheminement semblable à celui de l’architecte. Tout commence par un avant-projet établi sur la base des moyens et besoins du client. "C’est peut-être prétentieux de se dire artiste, mais il faut beaucoup de recherches, d’idées, de croquis avant de trouver et de conceptualiser les souhaits du client."

 

Par discussions, échanges d’idées, tâtonnements, propositions, le projet prend forme. Entre-temps cependant, il aura bien fallu discuter budget. Car seuls les conseils de base et les premiers croquis sont gratuits. Les premiers croquis constituent une sorte de devis estimatif. Il s’agit en fait d’une démarche commerciale classique. Et comme partout, si le client désire aller plus en avant, on signe une convention d’étude et de coordination.

 

Que prévoit-elle ? Tout d’abord que la mission de l’architecte d’intérieur se décompose en 3 étapes : la première englobe le relevé détaillé des lieux à aménager et une proposition d’avant-projet ; la seconde réunit l’adoption du projet définitif, des plans d’exécution et du cahier des charges, les demandes de devis aux diverses entreprises sous-traitantes (ébéniste, marbrier, plombier, chauffagiste,…) ainsi que l’établissement du budget définitif ; la troisième étape enfin – il aura pu s’écouler de un mois à un an avant l’accomplissement total d’un projet – concerne la coordination générale des travaux d’aménagement et de décoration, les réunions de chantier, etc.

 

Toujours est-il que la grosse partie de son travail se déroule finalement derrière une planche à dessin ou un bureau. Au niveau de l’importance des actes accomplis par contre, les visites sur chantiers semblent essentielles. Les différents corps de métiers exécutent ce qui a été défini sur papier. Mais en allant sur place, on est à même de résoudre les problèmes, les imprévus qui s’y posent. "D’ailleurs, il y a tellement d’évolution à même le terrain, qu’une fois par semaine j’établis avec le client et les sous-traitants un procès-verbal de l’état d’avancement des travaux. On n’est jamais trop prudent et il vaut mieux entériner par écrit ce qui a été décidé !" Finalement, architecte d’intérieur est un métier complexe car il importe d’être bien organisé et de s’entendre avec tous les sous-traitants mais aussi de pouvoir solutionner toutes ces petites surprises apparaissant en cours de travaux.

 

Et Michaël Touzard de songer à ce grenier d’une superbe maison de maître gorgé de pigeons et de rats morts. Ou à cette hotte de cuisine dont le conduit de ventilation était bouché par des blocs de ciment et qu’il a fallu détourner. "Je n’ai pas encore trouvé de cadavre dans le placard, part-il d’un grand éclat de rire en songeant sans doute à de nouveaux espaces dont les croquis s’ébauchent ici et là sur son bureau."

 

 

SERGE KALISZ - 1995

LE MARCHÉ DE L’IMMOBILIER

LES FACES CACHÉES DE L’IMMOBILIER

© 2018 Arch Nova S.A. Site créé par Balioscom